RETOUR SUR L’HISTOIRE DE LA COMMUNE

La commune de Peymeinade existe officiellement depuis le 19 juin 1868. Avant cette date, l’histoire de Peymeinade se confond avec l’histoire de la seigneurie de Cabris puis après la Révolution, avec celle de la commune de Cabris. 

L’HISTOIRE DE LA CRÉATION

La recherche archéologique a permis de découvrir de nombreux vestiges d’habitat romain sur le territoire de la commune, dont une huilerie romaine datant du IIIe siècle sur le site du Candéou. La région est donc habitée depuis longtemps.

Au Moyen Age, la féodalité se développe. Au XIVe  siècle, les épidémies de peste et les bandes de routiers dépeuplent le terroir de Cabris. A la fin du XVe siècle, en 1496, Balthazar de Grasse, seigneur de Cabris, fait venir 52 familles des environs de Menton afin de repeupler le village. Petit à petit, la population augmente et à la fin du XVIIe siècle, des habitants de Cabris quittent le village pour s’installer en contrebas, sur une petite colline, la «  Pey-meinada ». « Pey » signifie la colline et « meinada » la petite fille. À l’époque médiévale, des moines venus des iles de Lérins y lancent la culture des champs.

En 1701, les maisons forment un hameau et en 1724, la population ayant fortement augmenté, Peymeinade devient une bourgade. 

Au XVIIe siècle, des paysans qui dépendent de la seigneurie de Cabris s’installent dans la plaine et bâtissent le vieux village autour de l’église Saint Roch. On peut d’ailleurs toujours y admirer les façades colorées des demeures de l’époque. 

Les peymeinadois, à cette époque, cultivaient la vigne, le chanvre, le blé, les oliviers et élevaient de nombreux moutons. Aux XIXe et XXe siècles, ils se reconvertissent en cultivant des fleurs : ils récoltent le jasmin, la rose, la violette et la tubéreuse pour les usines de parfum de Grasse. 

Les habitants tentent de prendre leur indépendance à plusieurs reprises à partir de 1790, mais Cabris n’est pas encore prêt à se séparer de ses terres. La commune de Peymeinade obtient enfin le droit de se séparer de Cabris et de devenir une commune indépendante le 19 juin 1868. Peymeinade est née et elle compte alors 545 habitants.

 

LES ARMOIRIES DE LA VILLE 

En 1696, Louis XIV prit un édit obligeant les communes de France à adopter des armoiries. Il n’en existe aucune trace connue ici jusqu’au XXe siècle.

Celles de Peymeinade représentent deux moines défricheurs, l’un tenant une houe, l’autre une faucille, en référence à l’abbaye de Saint Honorat qui possédait les terres cultivables dans la région. Les moines ont en effet fondé deux prieurés et les ont occupé jusqu’en 1350.

QUELQUES LIEUX EMBLÉMATIQUES DE LA VILLE

La gare de Peymeinade

La construction de la ligne de chemin de fer nécessita de longs travaux car la vallée de la Siagne, qui sépare le département du Var des Alpes-Maritimes, obligea à construire un pont haut de 72 mètres et long de 231 mètres : le viaduc de la Siagne. Des vestiges sont encore visibles aujourd’hui.

Cette gare faisait partie de la ligne Nice-Meyrargues des chemins de fer du Sud-France (devenus par la suite le Chemin de Fer de Provence). 

La ligne s’étendait sur 210 km. Le bureau du chef de gare était situé à l’emplacement de l’actuelle maison du tourisme.

La salle attenante était la salle d’attente et la salle des fêtes actuelle était la halle de marchandises. Le train circula jusqu’à la seconde guerre mondiale. 

Le matin du 24 août 1944, alors que la vigilance des villageois s’était relâchée dans l’euphorie de la Libération, un petit commando allemand décida de déclencher des charges explosives afin de détruire le viaduc de la Siagne. C’est ainsi qu’il s’effondra. Depuis ce jour, la ligne n’a jamais été rétablie.

La bibliothèque Paul Cauvin

Il s’agit de l’ancienne mairie que les anciens appelaient «la coumuno». Jusqu’en 1868, il n’y avait pas d’édifice municipal. En 1882, l’école des filles et celles des garçons étaient en très mauvais état. Les deux classes ont donc été placées dans le même bâtiment que celui de la mairie. 

La fontaine située dans la petite cour permettait aux enfants de boire et à l’instituteur, qui vivait au dessus, de faire sa toilette. Pendant l’hiver, chaque écolier devait apporter une bûche afin de chauffer le poêle de la classe.

Ce bâtiment devint par la suite une bibliothèque, qui ouvrit ses portes en juillet 1974 avec 300 livres. La municipalité a décidé de donner à cet établissement le nom de Paul Cauvin, un natif de Peymeinade et qui s’est illustré dans la marine nationale. Ce voyageur enrichi d’expérience et de sagesse était également un grand bibliophile.

La place du Centenaire

En 1968, les peymeinadois célébrèrent les 100 ans de l’indépendance de la commune. Afin de marquer ce centenaire, un olivier, symbole de la Provence, de la longévité et de la paix, fut planté sur cette place. 

L’avenue Boutiny

L’avenue de Boutiny est dédiée à Gustave de Boutiny, lieutenant du 23e bataillon des chasseurs alpins de Grasse et également premier homme de Peymeinade à être mort au combat, le 19 août 1914, à l’âge de 37 ans.

Square Joseph Cauvin 

Cet agréable parc porte le nom d’un maire et d’un conseiller général de Peymeinade qui travailla pendant 25 ans pour moderniser la commune. La petite fontaine fut édifiée par Monsieur Conti en 1966.

La place Etienne Catany 

Etienne Catany est un soldat mort lors de la Première Guerre mondiale.  Il logeait avec sa famille en haut de cette place et tenait le moulin à huile. C’était une place très animée, plus large qu’aujourd’hui. On y trouvait également un maréchal-ferrant, un cordonnier, un barbier et un boulanger.

Une fontaine, sculptée par Monsieur Conti en 1970, orne la place. Elle a remplacé la fontaine d’origine, construite en 1883. 

La rue du 62e bataillon de chasseurs alpins

Cette rue a été inaugurée le 20 mai 1984 par l’ancien maire de Peymeinade et vice-président du conseil général, Maître Régis Capponi. Elle relie le boulevard du Général de Gaulle au monument aux morts et au terrain des boulistes. Cette rue fait honneur aux soldats qui bâtirent l’actuel mur de soutènement alors qu’ils attendaient l’ordre de partir au combat pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le monument aux morts fut érigé en 1923 afin de rendre hommage aux peymeinadois décédés pendant la Première Guerre mondiale. Quinze noms ont été gravés dans la pierre. La Seconde Guerre mondiale achevée, huit noms de peymeinadois ont été rajoutés.

La place Gervais Court

Le lavoir et la fontaine sont les premiers ensembles à avoir été construits dans le village en 1873. 

Le trompe-l’œil que l’on peut voir sur la maison Beauchamp dans le vieux village a été exécuté par un célèbre peintre-restaurateur-fresquiste : Monsieur Guy Ceppa. Il rafraichit le patrimoine architectural des communes grâce à l’utilisation d’anciens procédés typiques de la Provence : enduits à la chaux, couleurs naturelles d’origine végétale ou minérale. 

 La Chapelle Saint-Marc

La chapelle, construite vers 1760 par les habitants, est dédiée à Saint Marc, protecteur de la vigne et du blé. Au XIXe  siècle, les femmes venaient y faire bénir les œufs des vers à soie à la messe de Saint Marc, le 25 avril. On y priait pour des meilleures récoltes car la vie était rude, comme le dit ce dicton : « Eme de pan e de vin poudes pa mouri de fam » qui signifie « Avec du pain et du vin, on ne peut pas mourir de faim ».

A l’intérieur de la chapelle, des fresques murales dépeignent des scènes de la vie rurale : la moisson du blé, la vigne, un joueur de flûte et une farandole. 

Eglise Saint- Roch

Sur le site de l’église Saint-Roch, les peymeinadois avaient construit, en 1724, une chapelle devenue rapidement trop petite et qui servira de sacristie pour la nouvelle église. La construction de la nouvelle église s’achève en 1753 et prend Saint Roch, protecteur de la peste, pour patron. La légende dit que Saint Roch, atteint lui-même par cette maladie, allait mourir dans un bois, quand un petit chien vint lui apporter du pain et lécher ses plaies. Ce petit chien, toujours représenté à ses côtés, devint par la suite le symbole de la fidélité. Saint Roch étend aussi sa protection aux animaux. 

L’église fut restaurée en 1968 et en 1971. Elle abrite 3 grosses cloches qui portent les noms suivants : Saint Marc, Marie-Antoinette et Carmelli Françoise.

À côté de l’église, séparé par une rangée de cyprès, se trouvait un cimetière. A présent, il y a un parvis où il est possible d’admirer une partie de Peymeinade et de Cabris. Toutes les terres que l’on peut voir étaient auparavant intensément cultivées. Avec le temps, elles ont laissé place à des villas, des mas et d’autres habitations.

Le canal de la Siagne

La Siagne est un fleuve qui prend sa source dans le massif calcaire de l’Audibergue. La construction du canal de la Siagne, destiné à alimenter en eau potable la ville de Cannes, fut financée par un anglais, Lord Brugham. La construction débuta en 1866 pour s’achever en 1868. Ce canal traverse 7 communes : Saint-Cézaire, Le Tignet, Peymeinade, Grasse, Mouans-Sartoux, Mougins et Le Cannet. Il s’étend sur 45 km dont 30 sont découverts. Dès sa construction, fontaines et lavoirs se multiplient afin d’approvisionner en eau les villages concernés.

En 1920, le canal Belletrud est créé sous la forme du Syndicat Intercommunal des Cinq Communes, grâce au maire de Cabris, Le Docteur Belletrud. Il s’agissait de mettre en place des canalisations afin d’amener l’eau du canal de la Siagne jusque dans les maisons. Onze ans plus tard, en 1931, Peymeinade sera approvisionnée en eau courante.